Varanasi, la ville de la mort...

22.01.2013
La nuit fut très bruyante. Des gens ont entamés un concert au milieu de la nuit, puis un second, s'ensuit les carillons des temples et les chants des mosquées. Un chien hurle tellement à la mort, ses cordes vocales expriment toute sa douleur, que Laure hésite à se lever pour aller l'achever au couteau suisse...
Vu la sympathie de notre proprio, la lenteur du wifi, et la douche froide, on décide de chercher un autre logement. Mais c'est un peu trop tôt. Nous trouvons une boulangerie, dont les propriétaires allemands ont ramenés avec eux de bonnes recettes de brioches sucrées au chocolat ou à la cannelle. C'est bien bon, accompagné d'un thé sucré au lait, ça glisse comme sur des roulettes.
L'indien qui nous sert est bien fier de nous montrer son auberge à 2 pas de là. La seule chambre disponible avec une chouette vue sur le Gange avec balcon au dernier étage est un peu chère. Nous continuons la recherche pendant une heure et croisons la mort qui frappe de tous cotés dans ces ruelles sordides où le monde émerge: une petite souris, un gros rat, un chien et un chiot qui tient dans la main...
A force de tourner et retourner le mec de la guesthouse qui nous plaît nous fait le tarif qui nous convient aussi. Nous y amenons nos sacs et allons nous balader au bord du Gange.
 
Âmes sensibles s'abstenir du prochain paragraphe...
 
Nous arrivons jusqu'au Ghat Dasashwamedh où se déroulent les crémations 24h sur 24 à la chaîne. Le lieu est sacré, le feu ne s'y serait jamais éteint depuis des milliers d'années. C'est un privilège d'être inhummé ici pour un indien. Il faut faire attention, pas de photo sous peine de se voir affliger des amendes par des locaux armés de bâtons. Il ne faut pas les écouter non plus car ils te font te déplacer pour ne pas générer un mauvais karma, respect des familles, etc, et après du point de vue où ils t'ont emmené essayent de te soutirer de l'argent pour les mêmes raisons, karma, blablabla. Nous ne nous laissons pas avoir et bougeons plusieurs fois. La première impression c'est l'odeur de chair brûlée qui vous glace les os. Ensuite le déroulement, les hommes décédés sont enveloppés dans un linceul blanc, pour les femmes c'est rouge. Le corps est ammené sur les bords du Gange sur un brancard de bambou près d'un brasier éteint et recouvert de fleurs très colorées. Ensuite on le recouvre de 300 kilos de bois quand on a les moyens. Si l'on peut se le permettre du bois de sental à 50€ le kilos, ou pour moins cher du bois qui brûle mal à 50 centimes. Si l'argent n'est pas suffisant, moins de bois et le corps à moitié brûlé finit dans le Gange comme ça. Le fils ou à defaut l'homme le plus proche du défunt allume le feu avant de s'être fait rasé la tête ne laissant qu'une petite mèche de cheveux derrière le crâne. Parlant de crâne c'est aussi à cet homme de fendre celui du défunt à la hache pour en laissé s'échapper l'âme. Quand le feu s'éteint, on vérifie que tout a bien brûlé en tapant sur les cendres avec un bâton brisant les derniers gros os puis le tout part dans les eaux sacrées. De petites mains s'en vont rechercher les éventuels bijoux ou dents en or portés par le defunt. Faisant mine de téléphoner Yoann arrache quelques images avec l'iPhone...
 
Que de sensations fortes depuis notre arrivée ici... Nous reprenons notre ballade déconcertés, pleins d'images et d'odeurs qui s'incrustent dans le crâne. Cela nous emmènent à presque nous perdre dans les ruelles de la ville. Puis l'estomac crie famine, il est 16h. Autant dire que nous avons trouver meilleur coupe faim que toutes les pilules existantes. Nous nous installons dans un boui-boui et trouvons un plateau que l'on partage rempli de tout plein de spécialités locales: olives, bouillie d'épinard fortement épicée, pommes de terre, différentes lentilles, du riz et 2,3 sauces pour aller avec. Ayant peur de manquer nous rajoutons un pankraht au fromage, et du thé.
Nous passons près du temple d'or qui en est recouvert de 800 kg, mais ne pouvons le visiter, réservé aux locaux encadrés pas les militaires et nous ne pouvons en voir un centimètre carré car il est encastré au milieu du dédale de ruelles. Déçus...
Nous retournons dans le brouhaha du shawk, la rue commerçante où sont concentrées sur 300 m des dizaines d'échoppes vendant toutes sortes d'artisanat et de vêtements. A l'auberge, la musique adoucit les moeurs dit-on, Laure joue du melodica et cela nous repose mentalement de toutes ces émotions. Nous ressortons boire un thé, et voulant prendre un billet de train pour un jour où il n'y en pas, il va falloir revoir les plans.

 
Vue de la guesthouse
Nous n'avons pas (encore) la galle mais lui si...
Au bord du Gange, on joue aussi au cricket
Tandis que les vaches sacrées se prélassent
Les crémations
La queue pour entrer au temple
 

Varanasi, le Gange sacré

21.01.2013
On arrive à 4h45 à la gare secondaire située à 18 km du centre. Les conducteurs de Rickshaw nous sautent dessus et veulent profiter de nos esprits embrumés. Nous refusons et grimpons dans un bus. Le conducteur ne part que lorsque le car est plein (les indiens n'ont pas la même définition que nous pour le mot 'plein'). On ne comprend pas trop ce qui se passe, ça s'embrouille un peu derrière nous, on bouche le passage avec nos sacs. Alors on attend en se gelant les miches, alors que du monde monte, puis redescend puis remonte. Enfin c'est le départ. Les rues sont gadoueuses, impossible de voir quoi que ce soit à travers la vitre, mais on sent bien que les pneus s'enlisent un peu. Puis on saute à l'extérieur du bus pour rejoindre les Ghats le long du Gange à pied, histoire de se réchauffer un peu. Le jour se lève, les indiens aussi. Ils quittent leurs cartons et font du feu avec des pneus, des bouses et des déchets dans la rue pour chasser l'air frais. Les hommes et femmes sont enveloppés dans des tissus sales, mais l'état de nos polaires ne vaut guère mieux! Une pause thé chaud sur un banc, puis nous trouvons le Gange. La lumière est chouette, l'eau sale, les escaliers sont chargés de monde, les enfants tirent sur les cordes de leurs cerfs-volants. L'autre berge contraste fortement, elle est vide de tout bâtiment, avec une longue bande de sable inhabitée.
Dans le guide du routard est écrit: "tout microbe qui se respecte ne peut vivre dans le Gange!". On comprend!
Nous recherchons une guesthouse avec vue sur le fleuve et trouvons assez rapidement quelque chose, faut pas être trop exigent! On s'étale de tout notre long dans nos duvets et écrasons pendant 4h, malgré le brouhaha de la ruelle devant notre fenêtre.
À notre réveil à midi, le proprio veut nous mettre à la porte car il est certain que nous avons pris des drogues! C'est vrai que nos têtes font peur mais quand même... Alors s'ensuit une longue discussion, non, nous sommes bel et bien clean, mais juste éreintés. Finalement on a le droit de rester, mais le proprio n'hésitera pas à appeler les flics s'ils nous surprend (il ne nous croit toujours pas). Alors c'est fermement décidé, on se repose.
Un petit tour dans la ville, pour s'imprégner de l'ambiance. Les ruelles nous entraînent comme un tourbillon, un peu comme dans les Hutongs de Peking, mais en bien plus sales et bruyantes... On s'arrête dans un restaurant et goutons aux galettes de pain (il en existe des tas de sortes différentes et au fourrage se déclinant du sucré au salé). Donc un 'naan' à l'ail (farine blanche, pas levé, un peu sécos), un 'paratha' fourré au fromage frais (plus huileux) avec une assiette-marmite pour Laure et du riz pour Yoann. Nous ressortons les joues rondes, le ventre prêt à craquer.
L'après-midi, Yoann s'octroie de nouveau une sieste puis nous ressortons nous balader le long du Gange sur les marches. Tous les jours se tient le Puja, une cérémonie qui se déroule dans toute l'Inde, au cours de laquelle s'élèvent les chants sacrés et a lieu l'offrande de la lumière au Gange. Des prêtres, de beaux brahmanes parés de tuniques chatoyantes officient en accomplissant des gestes rituels avec de lourds chandeliers, au milieu des volutes d'encens. De la musique live s'élève dans les airs, c'est un spectacle fascinant! Nous faisons une boucle dans le centre-ville blindé de monde. Les gamins nous tiennent le t-shirt sur 100 mètres en mendiant. Les 10 premiers 'non' sont avec le sourire, au bout du quinzième, on perd patience, au bout du vingtième 'non', vient en nous l'envie de les gifler (la graduation varie selon l'état de fatigue). Alors on se rend compte comment l'être humain peut être minable, on a totalement honte de nous... Ces bambins n'ont pas demandé à venir au monde, encore moins au milieu de cette misère, la moitié sûrement est malade ou orphelin, à la merci de la mafia, et va passer la nuit dans la rue... Bref, il est temps de rentrer.
L'eau froide de la douche ne nous donne pas bien envie, et comme dit Yoann: 'on pourra jamais être aussi sales que les indiens!' Alors réconfortés dans notre crasse, nous retrouvons nos lits et essayons de dormir d'une traite jusqu'au lendemain.
 
 

Calcutta - Varanasi

20.01.2013
Encore une fois, le levé aux aurores est difficile. Nous n'avons pas encore rattrapé la fatigue qui commence à s'accumuler. Mais on verra ça plus tard. Nous sommes réveillés par la prière musulmane, un chant languissant agréable à l'oreille, qui émane des hauts-parleurs de la mosquée d'à côté. Suivi par le carillon de l'église du quartier. Alors c'est reparti, on emballe nos affaires, laisse les sacs à l'hôtel. Et nous rejoignons la maison Theresa, pour un petit déjeuner, suivi d'une prière par une sœur. Nous retrouvons les nombreux volontaires et nos compagnons d'hier, qui se rendent aujourd'hui au dispensaire des enfants. Nous les accompagnons en bus puis en rickshaw.
Le centre accueille des enfants physiquement ou mentalement handicapés, avec de bien maigres moyens. Les bambins sont ramassés dans les rues, âgés de 2 à 18 ans environ, 150 en tout. Autant dire que les jouets sont inexistants, contraste imposant avec les montagnes de cadeaux pour tous les Noëls à l'européenne, qui nous dégoûtent. Au rez-de-chaussé sont regroupés les garçons, au second étage les filles, où nous sommes conduits. Le premier sert de lieu de regroupement. Pas d'ascenseur, il faut donc porter les enfants un à un à l'étage du dessous. On les pose sur des nattes à même le sol, qui protège un peu du froid, puis on part chercher le suivant. Une fois que tout ce petit monde est rassemblé dans la pièce commune, on essaie un peu de les distraire et de les câliner. On improvise du mieux que l'on peut, certains retrouvent pour 3 secondes le sourire, tandis que d'autres ne calculent pas l'environnement qui les entoure, bavent, crient, ou jouent de l''air guitar'. On ne sait pas ce qui est le mieux.
Comme c'est dimanche, le prêtre débute la messe une fois les sœurs assises (2h selon Laure, non en réalité qu'une seule) mais avec les bambins sur les genoux, qu'ils faut calmer au mieux (sinon ils doivent sortir de la salle), le temps parait un tentinet longuêt. Les sœurs sont imperturbables et regardent avec adoration l'autel. Lors des chants, les larmes en viennent aux yeux, quand on voit toute cette misère humaine qui règne.
Laure a vraiment du mal à comprendre cette foi autour d'elle, et pense cruellement que la plupart des jeunes êtres humains presents ici préféreraient sûrement mourir, s'ils arrivaient à se rendre compte de leurs pauvres situations. Ils passeront leurs vies entières derrière la grille, dans ce sinistre bâtiment, accompagnés par des sœurs aux cœurs larges mais sans douceur, sûrement épuisées par le quotidien. (Désolé pour toutes ses ressentiments vulgaires, mais c'est du direct).
Certains enfants chantent, d'autres essaient de suivre le rythme, comme cette adolescente que Laure prend sous son aile. La fille fortement handicapée (qui fait d'ailleur un concours de moustache avec Yoann!) veut se lever dès qu'un brin de musique débute, alors elle l'accompagne et la fait se dandiner (danser est un bien grand mot), au grand désarroi des croyantes. La fillette resplendit alors. Mais se fatigue très rapidement aussi, ce qui n'a rien d'étonnant vu l'angle à 45 degrés entre ses pieds et ses jambes, ainsi que l'état de crispation de tous ses membres... Alors on se rassoit, Laure la masse et lui chante des mélodies douces dans l'oreille. Difficile à 'tenir tranquille' une autiste.
Une autre fillette magnifique a les yeux pétillants qui reflètent toute son intelligence, malgré son grave handicap physique. Elle essaie de tourner les feuilles d'un livre entre ses doigts crispés, et y arrive tant bien que mal, avec de nombreux encouragements et une volonté de fer. Quel avenir pour elle? Ainsi que pour tous les autres?
Lorsque la messe est terminée, on remonte les enfants dans leurs lits ou sièges roulants (de vieux fauteuils sans matelas, qui infligent escarts et compagnie aux pauvres petits).
Yoann ne se sent pas très bien, son ventre rouspète. Il nous faut quitter le centre plus tôt que prévu. Alors on quitte ces enfants, qui ont refermé leurs doigts crispés sur nos mains. C'est une déchirure... On ressort dans la rue miséreuse et répugnante, avec le fort sentiment d'impuissance, de nulleté. L'horreur n'est pas plus douce dehors. Les bambins des rues sont sujets aux mêmes maux de ventre que Yoann, sauf qu'eux chient sur les trottoirs, rajoutant encore de la saleté au chaos...
Nous optons pour le taxi, qui accepte de rouler avec le compteur après discussion. On se pause dans le couloir de l'hôtel, puis on ressort acheter un paquet de gâteaux au supermarché, une valeur sûre pour nos estomacs. On se restaure dans un boui-boui, (après être ressorti d'un premier le ventre vide car un chien crevé gise devant l'entrée, les mouches s'attaquent déjà aux yeux) plat de riz pour Yoann, lentilles pour Laure. Puis on retrouve un anglais de 70 ans qui consacre de son temps chez mère Theresa, assis sur un banc dans la rue. Il revient tout juste d'un centre, ouvert seulement le dimanche, qui permet aux jeunes des rues de se laver. Il nous explique la guerre pour chopper la savonnette, les cris des enfants joyeux d'être propres et badigeonnés de crème hydratante. On reste ainsi 3h à siroter du thé au lait, tandis que la foule vêtue de guenilles défile. Quelques hommes se lavent aux robinets, vêtus de draps, d'autres vendent des journeaux, d'autres encore mendient, avec des enfants sales dans leurs bras. Certains paraissent tout de même heureux, comme si la faim, le sommeil, la maladie, la corruption, l'horreur n'existaient pas, ou bien n'avaient pas d'emprise sur eux.
Nous décollons ensuite pour la gare routière, en empruntant le métro (qui est également dans un sinistre état) puis un bus bondé de monde. Et nous attendons sur le quai, lessivés. Cette fois c'est promis, on se fait une pause à Varanasi.
On embarque à 17h45, Yoann s'endort immédiatement sur sa couchette. Laure discute avec une adolescente de tout et de rien pendant plusieurs heures. C'est vraiment enrichissant et la fillette a un esprit vif et critique sur la situation en Inde, malgré son jeune âge. Elle se confie à Laure comme le ferait une petite sœur, en manque de compréhension. Elle a un 'boyfriend' et en est très fière, mais ne l'a pas encore présenté à ses parents (en anglais, elle dit: 'j'espère que ma mère ne comprend pas ce que je suis en train d'expliquer' et la regarde d'un air malicieux!) Le mariage forcé est encore monnaie courante. Alors son petit ami doit d'abord se trouver une bonne situation, avant toute chose. Ses parents à elle devront payer une grosse dote pour cette union, si elle est acceptée (question de castes également), c'est une véritable ruine pour la famille. Heureusement, elle est fille unique.
Elle explique ensuite son emploi du temps, réglé comme du papier à lettre par sa mère. Les repas sont très importants, tout du moins lorsqu'on peut s'en offrir le luxe (ce sont ses mots!). Petit-déjeuner, déjeuner au retour de l'école vers 14h, cuisiné par sa mère, puis goûter à 18h et repas du soir vers 21h. C'est donc pour ça tous ces ventres un peu grassouillets des indiens de classe respectable! La nourriture est bonne, ou du moins à bon goût (vu l'état de Yoann, on peut s'amuser à jouer sur les mots!) mais grasse et bourrative (une assiette de lentilles avec des galettes de farine non levées, c'est du sport à avaler, puis à évacuer...).
Avant de se marier, elle fera un stage intensif de cuisinière, car ce rôle est très important dans la famille. Elle veut travailler dans les banques, ou devenir chanteuse, comme celles des Boliwood-films. Ma foi, le rêve fait vivre, dit-on! Laure lui explique que c'est très important qu'elle continue de travailler après son mariage, pour avoir une certaine indépendance et entretenir sa culture et des liens sociaux. Elle acquiesce, "surtout que les cours sont difficiles et qu'ils faut s'accrocher dur". Elle connaît couramment l'anglais et fait danser ses mains lorsqu'elle parle. C'est magique!
Elle s'est fait rouspéter par sa mère la dernière fois car elle s'est offert un parfum avec ses économies gagnées par les cours du soir qu'elle donne à Calcutta. Toute honteuse, elle reconnaît que le fameux flacon est déjà vide. Oui, toute bonne chose a une fin. Mais vu que la survie parait être un véritable challenge en Inde, Laure l'a réconforte et lui dit qu'elle a bien le droit de profiter de chaque moments, surtout que ce n'est pas de l'argent volé ni mendié...
À l'école, les élèves apprennent 3 langues: l'hindi, l'anglais, et une option. "Pour connaître une langue, il faut la parler", elle a vraiment de la jugeote la petite! Comme il est rare de trouver quelqu'un qui parle français, allemand, italien ou espagnol, la majorité des étudiant choisisse le dialecte de leur région. Elle écrit une phrase en Hindi, les lettres d'un même mot sont reliées entre elles par un trait horizontal, c'est joli comme tout.
Puis vient l'heure de se coucher (20h), enfin plutôt pour Laure qui est claquée. Juidi aurait bien continué à discutter... On sort les gros duvets car les fenêtres ne ferment pas correctement et ça caille dur avec les courants d'air. Le sommeil vient vite, mais la nuit est entrecoupée mille et une fois par le brouhaha, les trains en contre-sens, la lumière, les gens qui toussent, ronflent, pètent, crachent...
La tombe de mère Theresa, simple comme sa vie, même si le cercueil doit tenir en largeur...
 

Calcutta, la paix commence par un sourire!

19.01.2013
Nous nous levons une première fois à 5h pour assister à la messe donnée à 6h dans le couvent de mère Theresa. La fatigue nous pousse à dormir une heure de plus et nous rendre sur place à 7h, où l'on sert un petit déjeuner pour les volontaires. Nous arrivons dans les premiers, suivants dans la rue une asiatique qui à l'air de s'y rendre à la vue de son pas déterminé. Nous discutons avec une infirmière à la retraite qui consacre 4 mois par an au volontariat dans ces centres. Elle nous explique un peu le fonctionnement.
La salle se remplit très vite et quand tout le monde est repu, une sœur nous enregistre pour 3 jours et nous affecte à Prem Dam, un centre où l'on s'occupe des vieillards les plus nécessiteux. Il y a en tout 5 dispensaires en ville, dont entre autre un pour les enfants, et un pour les mourants.

Nous nous retrouvons dans la rue et suivons un américain professeur d'anglais qui consacre son temps libre ici. Il nous guide jusqu'à Prem Dam à travers les ruelles. La misère est présente partout. Il y a des stands pour le thé, la bouffe et toute autre sorte de marchandises. Nous discutons avec les autres volontaires, des gens vraiment ouverts et sympatiques. Toutes nationalités sont présentes, espagnols, chinois, coréens, italiens, sud-africains, français, anglais, de tous les âges. Nous traversons la voie ferrée et nous voilà arrivés.
Nous sommes séparés, l'un s'occupera des hommes et l'autre des femmes.
 
Yoann pose ses affaires dans un casier, enfile un tablier et c'est parti. On commence par le linge et on essore quelques draps et couvertures. Les habitants du centre sont assis le long des murs. On voit toute sorte de maladies mentales, lèpre, gale, tuberculose, et j'en passe et des meilleurs. Une centaine d'hommes vivent ici, amputés, ou estropiés, bandés, aveugles tous plus pauvres les uns que les autres. La mission suivante consiste à s'armer d'un rasoir, un sceau d'eau, un blaireau, un tabouret, une serviette et proposer à ceux qui le veulent de les raser de près. Yoann est désolé pour les deux premiers, le manque d'expérience... Un gars en déambulateur lui montre la technique à adopter et tout s'enchaîne, 6 ou 7 gars se font raser, réconforter, choyer. Yoann discute avec Patrick, un suédois marié à une australienne, qui font leur premier jour aussi.
 
Du côté des femmes: Laure se munie de gants en plastique, remonte ses cheveux (tant qu'à faire, on va éviter de chopper des poux!) et fait part à la chaîne humaine pour le nettoyage de la montagne de linge, haute comme la chaîne de l'Himalaya! Rinçage, puis essorage, puis étendage du linge (vêtements et draps) sur la terrasse qui offre une vue imprenable sur le chaos de la ville. Elle se rattrape ainsi pour la faible quantité de lessive des 5 derniers mois, et prend de l'avance pour les 4 à venir... Une fois la besogne terminée, nous tenons compagnie aux femmes dans la cour intérieure. Les vieilles dames respirent la misère et la maladie... La lèpre, les déformations, les amputations, personne n'en est épargné. 'Gardez votre jeunesse, la Vieillesse c'est digoulasse!'. Le plus impressionnant n'est pas de les voir, mais de les toucher...
Laure enchaîne les séance de massage sur des corps décharnés et amaigris (les cuisses de ses dames sont épaisses comme ses avant-bras!), pas à la méthode thaï brutale, mais avec autant de douceur que possible pour ne pas les 'casser'. Avec de la crème, il faut ensuite leur hydrater la peau sèche comme du cuir de crocodile oublié pendant 2 ans sous un soleil de plomb, bosselée, craquelée, crevassée, croutée, avec eczéma et toutes sortes de maladie... Certains morceaux de membres sont manquants, les moignons suintent. On se demande comment la crème va pénétrer à travers la couche de crasse de certains pieds...
Elle fera même une séance manucure à une gentille dame qui n'a rien oublié de sa coquetterie. Cela fait au moins 15 ans qu'elle n'a pas posé du vernis sur des ongles (on pourrait presque appeler ça de la corne), et il faut que la situation se présente dans un dispensaire d'infirmes à Calcutta. Déroutant!
Un salaud d'indien (mériterait bien un bain à l'acide sulfurique concentré, lui! -H2SO4-, c'est pas mal pour décaper) a brûlé sa femme au vitriol, qui ressemble désormais à un fantôme d'épouvante. La pauvre dame n'a plus de visage, ses traits ont fondu. Ses yeux ont disparu, il lui reste un semblant de narine, 3 poils éparses sur le crâne qui ressemble à la lune et ses cratères, et une bouche déformée avec un rictus effrayant. Elle a toute sa tête, comprend la conversation partagée en anglais, et arrive difficilement à tenir sa tasse de thé mais ses membres et sa peau ne sont que douleur... La chaire de poule est dure à faire partir, les sueurs froides aussi. On passera les détails mais cette vision (heu pardon cet être humain) n'est pas prêt de quitter la tête de Laure!
 
Ensuite nous leur servons le thé avec des petits beurres. Nous faisons la vaisselle et avons le droit à une pause, pour nous aussi nous restaurer des mêmes délices. Un débriefing, et partage d'expériences de sensations s'impose naturellement retrouvants les filles.
La dernière étape, nous distribuons des tasses d'eau, et ensuite formons une chaîne humaine pour passer une assiette remplie de riz et de poulet dans une sauce jaune à chacun des pensionnaires avant de faire une nouvelle fois la vaisselle.

Pour le repas, certaines dames ont besoin d'aide pour manier la cuillère, alors on essaie d'éviter le carnage, mais sans aucune serviette à disposition, ça devient un challenge... Les moyens financiers sont très restreints. D'autres patientes gisent sur des lits, mais on préfère parfois détourner le regard pour se reposer l'esprit 2 secondes...


Nous retournons près de l'hôtel en rickshaw accompagnés de nos nouveaux amis et partageons un repas ensemble. Ensuite, une douche s'impose! On se sent crades, les vêtements sont imprégnés par la maladie, la souffrance et la saleté.
Nous partons au bureau des réservations de train et patientons gentiment pendant une heure. Pour rien du tout au final, car l'office boucle ses portes à 17h, et il y a encore une trentaine de clients devant nous.
Nous allons nous promener dans le marché des fleurs afin d'happer un peu d'air frais. La nuit tombe sur Calcutta, le brouillard aussi. Le sol est toujours aussi riche en détritus mais nos nez et yeux sont heureux du spectacle. Des guirlandes de fleurs multicolores sont vendues ici jours et nuits. L'ambiance est encore une fois indescriptible...
Avant de rentrer à la maison, nous faisons une sacrée boucle dans les rues. C'est l'heure de pointe, la ville est bouchée, comme congestionnée par le trafic. Les voitures coupent leurs moteurs et attendent une amélioration. Nos 5 sens sont en alerte, les yeux n'arrivent pas à se fixer, la tête en tourne...
En traversant le quartier musulman, nous gouttons aux beignets oranges, huileux et mielleux à souhait. Nous avançons à pas d'escargots au milieu du chaos, et devons monter nos genoux toujours plus haut afin de passer les collines de déchets... Et essayons d'éviter les hommes qui portent des sacs énormes sur leurs têtes, les rickshaw qui essaient de passer par des trous de souris. Une pause thé sur un banc, puis nous reprenons la ballade. Quelques vaches traînent dans les rues et agissent comme reines (un peu comme les cyclistes à Munich!), des chèvres accrochées par une corde sont habillées et posent sur des cartons avec un collier ou une chaînette qui tintille. Les pigeons-corbeaux mangent les rats morts... Un gars à cheval passe, et les hommes tirent des charrettes toujours plus chargées.
Nous comparons les prix de train dans différentes agences qui font des réservations avec commission. Nous n'avons pas trop le choix, si nous voulons partir demain soir, il n'où faudra passer par ces attrapes-touristes. Sinon, deuxième solution, le gars de notre hôtel nous explique qu'on peut se pointer tôt dans le bureau de réservation afin de prendre les 2 dernières places disponibles. Mais nous souhaitons retourner chez mère Theresa, et n'avons donc pas le temps pour ça. Nous essayerons de nous y prendre à l'avance pour la prochaine fois, mais cette fois-ci, nous payons la commission et repartons avec nos billets.
Nous achetons une bière dans le magasin grillagé et nous calons sur notre lit pour s'organiser le trip à venir à l'aide du guide. La journée a été intense! Des insectes nous passent sous le nez, mais comme ils sont petits, nous les chassons seulement de la main sans affolement. On est déjà plus tolérant!
Puis on essaie de trouver le sommeil, avec pas mal de confusion dans nos crânes...
 
Le pont le plus emprunté au monde
 

Remarques Thaïlande

  • Le pays est beaucoup plus moderne et moins traditionnel que le Laos ou le Cambodge. Des routes goudronnées avec des feux de signalisation, des supermachés et 7eleven, des tracteurs dans les rizieres, des pancartes de publicité, et beaucoup de touristes... Les gens sont tout de même sympathiques, et encore plus dès qu'on sort des sentiers battus (comme de partout).
  • Les prix sont très souvent affichés, même au marché, ce qui évite de se faire entourlouper.
  • Le roi et la reine sont omniprésents, des photographies les représentants sont scotchés à chaque entrée de villes et sur les grands axes. Long Life for the King! Néanmoins, moins que de feux BenAli en Tunisie, qui n'était pas un roi...
  • La nourriture est très diversifiée, il y en a pour tous les goûts, mais souvent un poil épicé.
  • De terribles photos recouvrent les paquets de clopes, mais c'est par pour autant qu'on a arrêté de fumer!
  • Un point qui nous a fortement choqué, tous ses touristes crevards qui viennent se taper des thaïlandaises de tous âges... Dégueulasse!
  • Et puis quelque chose d'intriguant , les lady-boys, des hommes-femmes, opérés ou non ou seulement à moitié: la poitrine, très précieux et soignés. Cela attire aussi nos hommes voyageurs du sexe, difficile à comprendre.
  • Le nombre de Wats est impressionnant, plusieurs dans chaque ville, village et bourgade, avec les moines drapés d'orange.
  • Malgré leurs diversités de couleurs, blancs, rouges, oranges, dorés ou miroités, ainsi que de leurs ornements dragons, dieux, lions, bouddhas, nous passons à côté sans plus les voir...

 

In memory...

I remember this time when you were describing your country,
I was so curious and listen carefully.
I've tried to imagine what it could be.
About india, lots of people told me,
For sure you did it like nobody
And to go there you give me the envy.
One time we planed that my guide you could be,
Here at every corner it's you that I want to see.
I'm still dreaming that it was just a nightmare, really!
Time is running but I'll never forgot and never forgive, sorry...
Life is hard and here especially,
But There are too much good reasons not to leave so early
You couldn't manage it apparently.
I hope that this trip to understand will help me,
Anyway to your honor I dedicate it firstly.
I couldn't do it when I've had the opportunity,
This few words are for you sincerely.
I miss you truly...

Welcome in India: Bangkok - Calcutta, le choc tant attendu et indescriptible!

18.01.2013
Nous embarquons à 1h30 après avoir jouer les piques-assiettes des spécialités thaïlandaises à l'aéroport... Petit sommeil de 1h dans l'avion, nous ne calculons ni le décollage, ni l'arrivage... Au reveil, c'est bien dur de garder les yeux ouverts et l'esprit agile... Nous rencontrons une française de 50 ans, fan de l'Inde, avec qui nous partageons un peu ses expériences. Nous en profitons pour prendre en photo une carte de la ville sur son guide, car nous n'en avons encore aucun. Et nous voilà à 4h30 à Calcutta, parachutés dans la brume, en train de chercher un bus pour rallier le centre ville. C'est un peu comme un naufrage de bateau en mer houleuse, lorsque l'on ne sait pas nager et que la bouée de sauvetage n'existe pas...
Un Indien nous explique où trouver un bus. C'est bête mais nous ne savons pas s'il existe des arrêts fixes, ou s'il nous suffit d'en siffler un pour qu'il s'arrête. Alors nous nous postons à un croisement, et attendons gentiment une action, une information... Qui fusent de tous côtés, mais assez contradictoires. Malgré l'heure matinale, les camions et les taxis filent sur les routes, nous arrivons enfin à trouver un bus. Un côté est réservé aux hommes, l'autre aux femmes. Mais la populace masculine est beaucoup plus présente et ils s'entassent comme des lapins. Nous recherchons ensuite une chambre dans notre budget. Il est trop tôt, de nombreuses guesthouses sont fermées et celles qui sont ouvertes sont déjà pleines. Les bâtiments sont totalement délabrés. Nous rentrons dans un centre de désintoxication, où se trouve des chambres au second étage, et en ressortons bien vite tant le lieu sent la misère humaine. Les indiens nous indiquent toutes sortes d'adresses, et nous continuons notre procession accompagnés de plusieurs hommes. 2h plus tard nous trouvons notre bonheur, et posons nos bagages dans un lieu bien décrépi.
Les rues sont encore assez calmes. C'est la première fois de notre vie que nous voyons autant de SDF, qui dorment sous des bâches sur un carton et tout autant de détritus. La ville est une poubelle géante, nos décharges en Europe sont sûrement beaucoup plus propres que les rues jonchées de déchets de toutes sortes (et de loin...). L'odeur est très très forte. Celle la plus prenante: les crottes de chiens, de pigeons/corbeaux (des bêtes terrifiantes), de poules, de chevaux et d'humains... On entre en apnée plus d'une fois!
La pauvreté se fait sentir de tous côtés, la ville est en friche, comme après une guerre. Tôt le matin, les hommes pompent l'eau dans la rue et se lavent sur le trottoir.
Nos esprits sont troublés par la fatigue. Nous ressortons pour déjeuner avec les locaux sur un banc, boire un thé sucré et laiteux, accompagné de tartines grillées sur un barbecue avec un curry jaune aux pois chiches, courges, et lentilles jaunes (?). Nous faisons connaissance avec un anglais de 60 ans, un peu perché mais fort sympathique, avec qui nous partageons notre repas. Nous souhaitons encore récupérer un guide de l'Inde, que Laure a repéré plus tôt dans une auberge. Affaire accomplie, ça sera plus simple pour se repérer dans le pays! Et nous sommes très heureux d'avoir économiser ainsi 30€ chez LonelyPlanet companie... Un guide du routard, une première pour nous.
L'excitation est vraiment intense, la ville commence à se réveiller, mais le sommeil prend le dessus et nous arrivons à fermer les yeux pour 2h, dans notre chambre sans vitre à l'odeur très particulière, la senteur indienne indescriptible... Notre réveil est bercé par la prière musulmane du vendredi qui sort des hauts-parleurs de la rue. La mosquée ne peut contenir tous les fidèles et c'est dans la rue que se trouve la majorité d'entre eux. A la fin, Un défilé d'hommes passe sous nos yeux. L'envie de découverte est trop forte, nous parcourons les rues l'après-midi entier dans la porcherie. Entre crachats et déchets, les hommes cuisinent des merveilles, nos papilles s'en réjouissent, à voir plus tard avec nos estomacs... Des galettes de pain avec un curry nous ouvrent l'appétit, nous enchaînons avec un jus de mandarines vertes, puis du jus de canne, entrecoupée de mini-doses de thé servies dans des verres en terracotta. Surement le meilleur depuis le début du trip, et c'est pas peu dire vu la qualité du thé en Mongolie, Chine et au Vietnam....
Nous nous laissons porter par l'ambiance indescriptible et sommes ballotés entre fascination et répulsion... La densité est la plus forte du pays, comme en témoignent les quartiers traversés ce matin, où un à deux millions de personnes dorment dans la rue, c'est comme un gigantesque dortoir! Les hommes portent couramment la moustache, les femmes portent des tissus de toute beauté avec leurs taches sur le front.
Nous investissons dans un film transparent pour empêcher la vitre de l'Ipad de se fendre encore plus. Les stands informatiques sont miniatures et bondés d'hommes. Le travail de collage est minutieux. Devant les stands de cigarettes se trouve une corde qui brûle continuellement, telle une mèche qui sert à allumer les clopes pour ceux qui n'ont pas de feu.
Puis nous nous rendons dans un bureau pour réserver nos billets de train. Alors que Laure écoute attentivement les explications du charmant guichetiers, un rat lui passe entre les jambes et grimpe sur les pieds de Yoann. Normal pour eux, un peu moins pour nous...
Nous passons devant l'église saint John, une mosquée, une synagogue, puis la cour supérieure (premier bâtiment qui parait actuel et rénové!) où nous croisons de nombreux avocats en robe, le stade en friche, des marchés où l'activité est dense, les gares routières où la gadoue et les montagnes d'ordures nous déroutent... Le long de la rivière Hoogly (un bras du Gange) où les déchets filent lentement, les hommes nettoient leurs linges dans l'eau marron, certains se baignent en portant des statues pour les bénir, d'autres en boient l'eau (nous ne tenterons rien de tout ça) et regardons (avec épouvante, si l'on peut dire) ce spectacle.
Laure est contente d'être 'chaperonner' par Yoann car le regard insistant des hommes est lourd. Elle lit actuellement 'Tom Sawyer' et se croit transportée dans Londres il y a 100 ans de cela, les descriptions du niveau de vie dans le bouquin y sont très semblables.
Après cette escapade, nous souhaitons nous poser devant une bière et mettre sur 'papier' toutes ces sensations contradictoires qui nous rongent l'esprit et le cœur depuis ce matin. Nous pensons aussi fortement à Doris, la seule et l'unique véritable indienne que nous connaissions avant de mettre les pieds ici.
Un seul bar dans le coin. Nous nous faisons jeter dehors car trop lents pour nous décider. Notre cerveau est encore en mode ralenti. Nous nous rendons donc dans un supermarché d'état afin de trouver notre bonheur. La réserve d'alcool est mis à l'abris derrière des barreaux en fer, comme un animal dans une cage. Les indiens ne doivent pas boire beaucoup, par contre les drogues vont bon train... Les yeux jaunes et embrumés des hommes dans la rue en témoignent, ainsi que les nombreuses propositions dans la journée. Ils mâchent également un drôle de mélange de tabac et de racine, inconnu au bataillon, mais pas envie de tester.
Nous rencontrons des touristes et sautons sur l'occasion pour discuter un peu avec eux sur la terrasse de leur auberge. Nous décidons de nous joindre à eux le lendemain pour être volontaire à la maison de mère Theresa. Puis nous nous arrêtons dans un boui-boui tenu par des musulmans et goutons au hasard d'autres mets succulents, avec un verre de thé.
Une douche de retour à l'auberge, plutôt écourtée à vrai-dire car l'eau est fraîche. Juste une journée à Calcutta, et on se sent sale comme jamais, même plus qu'après la semaine dans les steppes mongoles avec 3 jours à cheval et sans eau pour se débarbouiller...
Les mots nous manquent pour aujourd'hui, peut être viendront-ils plus facilement après une nuit de repos. Ou pas... Malgré les 2 nuits blanches de la semaine, le sommeil va être dur à trouver, avec l'impression que nos têtes vont imploser.
La Thaïlande nous parait déjà bien bien loin...
Saint John
 

Ko Samet - Bangkok

17.01.2013
Yoann, avec son sommeil léger, se lève de bonne heure et va chercher un yaourt (le premier, certaines envies sont incompréhensibles...) pour combler Laure, qui traîne un peu plus longtemps au lit. Petit déjeuner sur la plage, dernier café avec le réchaud qui est pratiquement vide. Yoann saute une dernière fois dans les vagues, puis à la douche pendant que Laure emballe vite les sacs.
Nous aurions volontiers prolongé d'une journée ou deux notre séjour sur l'île, afin d'avoir le temps de faire une sortie en mer snorkeling ou une partie de pèche aux calamars de nuit. Mais comme le gouvernement thaïlandais nous accepte seulement 15 jours sur leur territoire, il nous faut déjà repartir.
L'idée du départ était de rallier l'Inde par la terre en traversant la Birmanie, ce pays mystique qui s'ouvre déjà bien au tourisme. Mais ils n'acceptent que les entrées par avion (ce qui rajoutait un coup considérable au trip), ou bien par voie terrestre mais en gardant notre passeport, ce qui nous obligeait à ressortir par le même poste-frontière, sans pouvoir atteindre l'Inde. Nous avons donc opté pour la seule solution pratique et économique (bien que non écologique...), à savoir voler jusqu'à Calcutta en Inde en partant de Bangkok!
Nous rentrons donc à la capitale, sans pour autant nous y arrêter (surement que nous avons vu assez de mégapoles en Chine!). 30 minutes en bateau et nous rejoignons la côte. Puis 3h30 de bus qui permet à la nostalgie de s'installer dans nos têtes, malgré un chouette paysage, où champs de litchis et d'ananas se suivent, quelques collines en fond... Nous quittons les pays des baguettes, pour manger avec les mains! Fini l'Asie du sud-est, bonjour à l'Inde!
Après la modernité de la Thaïlande, le choc de culture/propreté/confort risque d'être dur à avaler, l'aventure reprend et nous sommes impatients. Mais tout de même bien tristes -la moitié du trip est derrière nous, oui, mais la seconde partie est encore devant!- Par dessus le marché, Yoann fini de lire son bouquin passionnant...
Nous demandons au chauffeur de car de nous déposer avant l'entrée de la ville, ce qui nous évite ainsi un aller-retour et les bouchons en heure de pointe (l'aéroport se situe plus ou moins sur notre passage du retour). Nous cherchons une poste pour envoyer les cartes (toujours aussi prévoyants!) mais les bureaux sont déjà fermés. Fonctionnaires de par le monde, horaires similaires... Nous rencontrons 2 postiers fort sympathiques, drôlement amusés de nous voir débarquer à 17h, qui nous expliquent qu'il faut revenir demain. Ce qui va être difficile pour nous, vu que nous décollons à 2h55 pour Calcutta. Nous montons dans un taxi avec compteur et rallions l'aéroport de Bangkok en 15 minutes.
Le site est moderne, immense, illuminé en bleu avec de grandes statues, ça grouille de gens! C'est un aéroport international, quoi! Il est impossible d'enregistrer les bagages plus de 3h à l'avance, nous avons donc une sacrée attente devant nous. Alors nous commençons la visite de tous les étages, dénichons un restaurant où le prix de la soupe de pâte (la dère des dères...) n'est pas multiplié par 3. Et tournons un peu en rond. La boutique de bouquin nous donne envie d'acheter un tas d'ouvrages (sûrement l'odeur fraîche du papier), surtout que nous n'avons toujours pas de guide pour l'Inde. Mais Lonely Planet abuse vraiment trop!
À minuit, Check-in, nous passons les contrôles et partons à la recherche d'une liseuse, sans succès...